Mondial de l'Auto 2026 : les voitures autonomes seront-elles les stars du salon ?

Rédigé le 05/10/2026
Jérôme B


Le Mondial de l'Auto revient à Paris Expo Porte de Versailles du 12 au 18 octobre 2026, avec plus de 40 constructeurs et plus de 60 premières mondiales annoncées. Parmi elles, beaucoup d'électriques : Dacia Spring II, Mercedes Classe C électrique, Smart #2, Opel Corsa GSE ou encore l'aperçu de la future Alpine A110. Mais cette année, un autre sujet s'invite dans les allées : la conduite autonome.

Tesla vient avec son robotaxi

C'est l'attraction la plus attendue. Dans le hall 7.1, Tesla exposera le Cybercab, son robotaxi sans volant ni pédales, issu de la flotte déjà en service aux États-Unis. À ses côtés, les Model Y et Model 3, une borne Supercharger et le robot humanoïde Optimus. Le constructeur met aussi en avant son système FSD (Supervised), une conduite automatisée sous la surveillance du conducteur. Selon Tesla, il a parcouru plus de 100 millions de kilomètres dans les pays européens où il est autorisé.

Des navettes sans volant venues de Chine

Pour sa première participation, le chinois Pix Moving occupera 310 m² avec deux RoboBus. Ces navettes autonomes de niveau 4 n'ont ni volant ni poste de conduite et accueillent six passagers assis face à face. Elles circulent déjà à Turin, Zurich, Davos ou Chemnitz. L'entreprise montrera aussi le RoboShop, un commerce mobile construit sur la même plateforme.



« Le robotaxi est la première étape évidente et facile de l'autonomie, mais ce n'est pas la plus intéressante. » — Angelo Yu, PDG de Pix Moving

Un « Autonomous Lab » pour monter à bord

La vraie nouveauté est ailleurs : les visiteurs pourront essayer. Le salon ouvre un Autonomous Lab, au départ de la porte H du hall 7.1. Sur réservation, on embarque comme passager pour environ 25 minutes sur route ouverte, avec un accompagnateur. Au programme : détection des piétons, freinage automatique, changements de voie assistés et stationnement autonome.

Seules deux marques y participent. Tesla aligne six Model 3 en FSD (Supervised). XPeng, qui lance à Paris son SUV G9L et expose son robot humanoïde IRON, y fait rouler deux L03 équipés de son système NGP. Les 21 autres marques du centre d'essais proposent des essais classiques.

Autonome, vraiment ?

Le mot mérite d'être précisé. L'organisateur lui-même parle d'un système de « niveau 2++ », c'est-à-dire une aide à la conduite. La voiture gère la direction, l'accélération et le freinage, mais le conducteur reste responsable et doit pouvoir reprendre la main à tout instant. On est loin du niveau 4 du Cybercab ou des navettes Pix Moving, qui se passent de conducteur dans une zone définie.

Surtout, le FSD (Supervised) n'est pas autorisé en France. Homologué aux Pays-Bas en avril 2026, il a depuis été reconnu par sept autres pays européens, dont la Belgique et le Danemark. Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, a refusé de suivre en juillet. Il reproche au système de pouvoir dépasser les limitations de vitesse et de ne pas garantir l'attention du conducteur en ville. Deux Tesla sont depuis testées sur route ouverte par l'UTAC, l'organisme français d'homologation. Le vote européen prévu le 6 octobre a été reporté à décembre.

Reste une question sans réponse à ce jour : selon le site spécialisé Electric Vehicles, ni l'organisateur ni les deux constructeurs n'ont précisé sous quelle autorisation ces trajets auront lieu sur les routes françaises.



Les constructeurs européens regardent ailleurs

Le contraste est frappant. Renault, Peugeot, Citroën, Dacia ou Mercedes viennent avec des modèles et des concept-cars, pas avec des robotaxis. La Citroën inspirée de la 2CV, la Renault 8 Gordini Concept ou la Dacia Spring II parlent de prix, de style et d'électrique abordable. Sur le terrain de l'autonomie, la vitrine parisienne est donc américaine et chinoise.

L'avis d'Ecolochic

Stars du salon ? Pour le spectacle, sans doute : un taxi sans volant et un trajet où la voiture conduit seule marqueront plus les visiteurs qu'un restylage. Pour la réalité, pas encore. Ce que l'on pourra tester reste une aide à la conduite sous surveillance, que la France n'a pas autorisée.

La question qui nous intéresse est ailleurs : l'autonomie sert-elle la transition ? Une navette partagée de six places, comme celles de Pix Moving, peut remplacer des voitures individuelles et desservir des zones mal reliées. Un robotaxi individuel, lui, risque surtout d'ajouter des kilomètres parcourus, parfois à vide. La technologie n'est ni verte ni grise en soi : tout dépend de l'usage. C'est ce débat, plus que la prouesse, que l'on aimerait voir s'ouvrir Porte de Versailles.

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Infos pratiques

Mondial de l'Auto 2026, 91e édition
Dates : du 12 au 18 octobre 2026
Lieu : Paris Expo Porte de Versailles
Autonomous Lab : hall 7.1, porte H, de 9 h 30 à 19 h 30, sur réservation sur place
Tesla : hall 7.1, stand C25
XPeng : hall 6
Site : https://mondial.paris

Crédits photos (c) Tesla, Pix Moving, Mondial de l'Auto

Sources

• Mondial de l'Auto — Le futur de la mobilité selon Tesla (30/09/2026)
• Mondial de l'Auto — Pix Moving exposera sa flotte autonome
• Mondial de l'Auto — Autonomous Lab
• Electric Vehicles — XPeng and Tesla Alone in Paris Auto Show's Self-Driving Rides
• L'argus — La France va tester la conduite « autonome » FSD mais émet des réserves
• XPeng — communiqué Paris Motor Show 2026