Il y a dans chaque millésime une part que l'on ne met jamais en bouteille. Les lies, ce dépôt de levures et de particules qui se forme pendant l'élaboration du vin, finissent d'ordinaire comme simple résidu de cave. El Ganso et Marqués de Riscal ont décidé de leur offrir une seconde vie, cette fois sur des vêtements.
Annoncée le 3 novembre 2026 par voie de communiqué, relayé par Europa Press, l'alliance réunit deux noms très espagnols : la marque de mode madrilène fondée par Álvaro Cebrián et l'une des maisons historiques de la Rioja alavesa.
Des lies de vendange au pigment textile
Le point de départ, ce sont les lies issues de la vendange 2025 de Marqués de Riscal. Avec la fabrique Eyand, les deux marques disent avoir exploré une nouvelle manière de teindre les tissus : la matière est transformée en un pigment naturel qui colore ensuite les pièces de la collection. Le communiqué parle d'un travail de recherche et développement destiné à « ouvrir de nouvelles possibilités » à un matériau chargé d'histoire.
L'idée a de quoi séduire : l'origine du pigment devient le récit même de chaque vêtement, de la vigne jusqu'au bain de teinture.
Dix pièces, pour elle et pour lui
La capsule, en édition limitée, compte dix pièces pour homme et pour femme : des chaussures et un tote bag, mais aussi des t-shirts, des sweat-shirts et des chemises. Elle est déjà en vente sur l'e-shop d'El Ganso, dans ses boutiques, dans ses corners El Corte Inglés et dans la boutique physique de Marqués de Riscal.
Ce que disent les deux maisons
« Cette collaboration avec El Ganso, qui nous permet de donner une seconde vie aux lies issues de l'élaboration du vin, s'intègre pleinement dans notre engagement en faveur de la durabilité », explique Ricardo Diéguez, CEO de Marqués de Riscal, qui met en avant l'agriculture régénératrice et une gestion responsable des ressources.
Álvaro Cebrián, fondateur d'El Ganso, revendique de son côté « ce petit grain d'anticonformisme » : « Avec Marqués de Riscal, nous avons réussi à faire entrer le monde du vin dans la mode d'une manière très spéciale, en transformant le raisin de leur vendange en une teinture naturelle qui donne vie à nos vêtements. »
Pour El Ganso, l'opération illustre un engagement articulé autour de trois piliers : durabilité, circularité et teintures naturelles. La marque dit chercher à réduire son impact en favorisant un usage responsable des ressources et la durabilité des matières, et cite d'autres initiatives d'économie circulaire menées avec des partenaires spécialisés.
Ce qui reste à prouver
Le geste est élégant, mais le communiqué reste discret sur l'essentiel. Il ne précise ni la composition des tissus (coton, coton bio, recyclé ?), ni la part de pigment issu des lies dans la teinture, ni l'éventuel recours à des fixateurs ou mordants, ni les volumes de lies valorisés. Aucune donnée d'impact, eau, énergie ou carbone, n'est avancée face à une teinture conventionnelle. Les prix de la capsule ne sont pas non plus communiqués à ce stade.
Avec dix pièces en édition limitée, l'impact environnemental restera forcément modeste : c'est d'abord une démonstration, un récit de terroir appliqué au textile. Reste à voir si El Ganso étendra la technique à des collections plus larges, seule façon d'en faire autre chose qu'un joli clin d'œil.
Infos pratiques
Collection : capsule El Ganso x Marqués de Riscal, édition limitée de 10 pièces homme et femme (chaussures, tote bag, t-shirts, sweat-shirts, chemises).
Teinture : pigment naturel issu des lies de la vendange 2025 de Marqués de Riscal, réalisé avec la fabrique Eyand.
Où l'acheter : elganso.com, boutiques El Ganso, corners El Corte Inglés et boutique physique de Marqués de Riscal.
Source : communiqué El Ganso / Marqués de Riscal relayé par Europa Press (3 novembre 2026).
Crédits photos : (c) El Ganso / Marqués de Riscal (visuel de campagne, via Europa Press) ; Photo d'illustration : Pexels (grappes de raisin, cuves de teinture).



