Pendant que le luxe ralentit (la mode et la maroquinerie de LVMH reculent de 5 % en organique), Hermès tient bon. Le 22 octobre 2026, la maison a publié un chiffre d'affaires de 4,096 milliards d'euros pour le troisième trimestre, en hausse de 5,5 % à taux de change courants et de 4,3 % à taux de change constants. Sur neuf mois, il atteint 12,26 milliards d'euros.
Le cuir, moteur de la croissance
La maroquinerie-sellerie, cœur historique de la maison, atteint 1,912 milliard d'euros, en hausse de 10,8 % à taux de change constants, avec une légère accélération au trimestre. À l'inverse, le prêt-à-porter et les accessoires reculent de 2 %, l'horlogerie de 6 %. Les parfums et la beauté progressent de 7,5 %. Par région, les Amériques, l'Europe et le Japon croissent de près de 9 à 10 %, tandis que l'Asie hors Japon stagne.
La nature dans les objectifs
Côté environnement, Hermès indique progresser dans la démarche SBTN (Science Based Targets Network), qui aide les entreprises à fixer des objectifs scientifiques pour la nature, au-delà du seul climat. La maison a validé les deux premières étapes (évaluation et priorisation de ses impacts) et lance deux projets pilotes, sur les sols et sur l'eau douce, dans le cadre de la troisième étape, celle de la fixation des objectifs. L'agence MSCI a par ailleurs confirmé en août sa note ESG AA.
Des ateliers en régions
Hermès continue d'implanter sa production en France. Un 25e atelier de maroquinerie a ouvert à Loupes (Gironde) en avril. Trois autres suivront : Charleville-Mézières (Ardennes) d'ici 2027, Colombelles (Calvados) d'ici 2028 et Les Andelys (Eure) d'ici 2030. En Suisse, le site horloger du Noirmont sera agrandi d'ici 2028.
L'avis d'Ecolochic
Hermès est l'une des rares maisons à s'engager dans les objectifs pour la nature, plus exigeants que les seuls engagements carbone : ils obligent à regarder les sols, l'eau et la biodiversité là où naissent les matières premières. Le choix d'une production artisanale, durable et réparable, implantée dans des régions industrielles françaises, est aussi cohérent avec un luxe qui dure.
Mais la tension est réelle. La croissance repose sur le cuir : +10,8 % de maroquinerie, c'est mécaniquement plus de peaux, issues pour l'essentiel de l'élevage et pour une part de cuirs exotiques comme le crocodile. Or les pilotes SBTN n'ont encore ni périmètre ni cibles publiés : on ne sait pas quelles filières ni quels territoires ils couvrent. Nous suivrons de près la publication des objectifs. Ils diront si la nature pèse vraiment face à la demande de sacs Birkin et Kelly.
Infos pratiques
- Chiffre d'affaires du 3e trimestre 2026 : 4,096 Md€ (+4,3 % à taux de change constants)
- Maroquinerie-sellerie : 1,912 Md€ (+10,8 %)
- Nouveaux ateliers : Charleville-Mézières (2027), Colombelles (2028), Les Andelys (2030)
- Site : finance.hermes.com

