Au sommet du Rocher, l'un des chantiers les plus symboliques de la Principauté prend un tour résolument environnemental. Baptisé « Nouvelle Aile II », le projet de reconstruction de l'aile ouest du Palais princier, édifiée dans les années 1960, doit remettre le bâtiment aux normes actuelles de sécurité, d'accessibilité et d'environnement, tout en lui ajoutant un étage. Lancé par le prince Albert II et la princesse Charlène, il est piloté par l'Administration des Biens, qui gère le patrimoine du Prince.
La mer comme source de chaleur et de fraîcheur
Le cœur du projet est une boucle thalassothermique : une pompe à chaleur puise ses calories dans l'eau de mer pour chauffer le bâtiment en hiver et le rafraîchir en été, réduisant d'autant le recours aux énergies fossiles. Monaco est pionnière de cette technologie depuis plusieurs décennies et l'utilise déjà dans d'autres quartiers, mais c'est une première à Monaco-Ville, le quartier historique perché sur le Rocher. Selon le Palais, le prince Albert II a voulu ce système dès le départ.
Une certification dès la conception
Le 18 septembre, le projet a obtenu la certification Bâtiment Durable Méditerranéen de Monaco (BD2M) de niveau Argent pour sa phase de conception, remise au Prince lors d'une cérémonie au Palais. Lancé en 2018 par le gouvernement monégasque avec l'association EnvirobatBDM, ce référentiel évalue les bâtiments sur l'ensemble de leur cycle, de la conception à l'usage.
Les façades historiques de l'aile sont conservées. Dès la conception, l'équipe a privilégié des matériaux performants et biosourcés, appliqué des principes de réemploi et d'économie circulaire, et fait appel en priorité à des entreprises monégasques et locales. La gestion de l'eau, la conception bioclimatique et l'efficacité énergétique complètent la démarche. Le Palais entend aussi se servir de ce chantier pour adapter le référentiel BD2M aux bâtiments historiques.
L'avis d'Ecolochic
Le symbole est fort : lorsque le bâtiment le plus emblématique d'un pays adopte la thalassothermie et vise une certification exigeante, il fixe la norme pour tous les chantiers privés de la Principauté. Le choix de garder les façades plutôt que de tout raser va lui aussi dans le bon sens. Reste que la communication du Palais demeure qualitative : ni le coût, ni la puissance installée, ni les gains énergétiques attendus, ni la part réelle de matériaux biosourcés ou réemployés ne sont publiés. Une certification « Argent » en phase de conception est une étape, pas un résultat : il faudra juger le bâtiment à sa livraison, et à l'usage.
Infos pratiques
- Projet : « Nouvelle Aile II », reconstruction de l'aile ouest du Palais princier, Monaco-Ville
- Maîtrise d'ouvrage : Administration des Biens de S.A.S. le Prince Souverain
- Certification : BD2M niveau Argent, phase conception (18 septembre 2026)
- Calendrier et budget : non communiqués
Crédits photos © Frédéric Nebinger / Palais princier

