« Le spa doit réensauvager votre âme. » La formule est signée Kuganha, le nouveau camp de safari qui vient d'ouvrir dans le Western Cape, à un peu moins de deux heures et demie du Cap. Le concept : fusionner le safari et le spa haut de gamme, dans un territoire lui-même réensauvagé, au cœur d'une réserve privée de 10 000 hectares gérée par le groupe sud-africain Aquila Collection, qui revendique vingt-six ans de travail de conservation.
Le retour des Big Five, 270 ans plus tard
Dans cette partie du Western Cape, la grande faune avait disparu depuis plus de 270 ans, chassée jusqu'à l'extinction locale. Restauration des habitats et réintroductions ont permis le retour des Big Five (lion, léopard, éléphant, buffle et rhinocéros) dans la réserve, saluée à l'international pour son travail de conservation et d'insertion sociale. C'est sur cette histoire de reconquête que Kuganha bâtit son récit.
Dix tentes, dix spas privés
Le camp ne compte que 10 suites sous tente, chacune d'au moins 320 m², présentées comme les plus grandes suites safari sous tente d'Afrique. Chacune abrite son propre espace de bien-être : sauna, hammam, salle d'halothérapie au sel de l'Himalaya, caisson de flottaison, bain glacé, bassin-jacuzzi et double table de massage, accessibles à toute heure. Un parcours d'initiation apprend aux hôtes à utiliser ces équipements en sécurité. La cuisine, servie en suite ou au restaurant face à une piscine à débordement et à un point d'eau, met en avant des produits locaux et biologiques. Le séjour est réservé aux adultes (à partir de 16 ans), avec un minimum de deux nuits, à partir de 150 000 rands la nuit pour deux.
Solaire et forages : ce que l'on sait de l'énergie
Sur son site, Kuganha indique fonctionner hors du réseau électrique national, grâce à une centrale solaire de 650 kVA, ce qui évite le bruit permanent des groupes électrogènes. L'eau provient de forages profonds, traitée sur place par osmose inverse, et les eaux usées sont traitées avant d'être rejetées dans le milieu naturel, ce qui limite les bouteilles en plastique. En revanche, le camp ne publie aucun chiffre de consommation, ni sur le stockage par batteries, ni sur un éventuel groupe de secours, ni sur l'énergie nécessaire pour chauffer saunas, hammams et jacuzzis, et refroidir les bains glacés de dix suites.
L'avis d'Ecolochic
Le réensauvagement de la réserve est une réussite, et un tourisme haut de gamme qui finance la conservation reste l'un des modèles les plus solides pour protéger la grande faune africaine. L'autonomie solaire et la gestion de l'eau sur place vont dans le bon sens. Mais l'équation interroge : dix spas complets, chauffés et refroidis à toute heure, dans une région semi-aride, pour une clientèle qui arrive le plus souvent par avion long-courrier. Une centrale de 650 kVA ne dit rien de la consommation réelle, ni de ce qui se passe quand le soleil se couche. À ce niveau de prix, Kuganha pourrait publier ses données énergétiques et hydriques. Le « réensauvagement » des hôtes serait plus convaincant s'il s'accompagnait d'un peu de sobriété.
Infos pratiques
- Kuganha, Western Cape, Afrique du Sud, à moins de 2 h 30 du Cap (Aquila Collection)
- 10 suites sous tente avec spa privé ; adultes uniquement (16 ans et plus), deux nuits minimum
- Tarif : à partir de 150 000 rands la nuit pour deux
- Site : kuganha.com
Crédits photos © Kuganha / Aquila Collection



