Chanel fait naître du corail rouge à 40 mètres sous Monaco

Rédigé le 29/10/2026
Jérôme B


Rouge vif, ramifié, longtemps prisé des joailliers : le corail rouge de Méditerranée (Corallium rubrum) est aussi l'une des espèces marines les plus lentes qui soient. Il ne grandit que de 1 à 8 millimètres par an. Le voir se reproduire est donc un événement scientifique.

Au large de Monaco, à 40 mètres de profondeur, c'est pourtant ce qui se produit à bonne cadence. Depuis 2023, plus de 800 jeunes coraux rouges sont nés dans six grottes artificielles en béton d'un mètre cube chacune, immergées en juillet 2021. Leurs plafonds ont été garnis de plaques de marbre blanc pour faciliter la fixation des larves.

Une unité de recherche commune

Ce programme est mené par l'Unité de recherche sur la biologie des coraux précieux CSM–Chanel, créée en octobre 2019 au sein du département de biologie marine du Centre Scientifique de Monaco. Elle est financée par la division Horlogerie et Joaillerie de Chanel. Le partenariat a été renouvelé en octobre 2025 pour six années supplémentaires, soit jusqu'en 2031. L'unité a déjà publié plus d'une quinzaine d'articles scientifiques.

Les chercheurs suivent les grottes toutes les deux semaines, avec l'appui des plongeurs de la Division de police maritime et aéroportuaire de Monaco.

De la lumière pour attirer le plancton

Depuis la mi-septembre, l'équipe teste une nouvelle piste : un éclairage sous-marin installé près des colonies. Le corail rouge ne se déplace pas pour se nourrir : il capte les particules et le plancton en suspension. Une première expérience a montré une concentration plus élevée de plancton autour des colonies éclairées. Les chercheurs vont maintenant mesurer l'effet sur la reproduction, la fixation des jeunes coraux et leur croissance.

« Espèce fixée, le corail rouge ne se déplace pas pour chercher sa nourriture. » — Dr Stéphanie Reynaud, chercheuse au Centre Scientifique de Monaco, citée par Monaco Life


L'avis d'Ecolochic

Voilà un engagement de marque comme on aimerait en lire plus souvent : un partenariat de long terme avec un institut scientifique reconnu, des résultats chiffrés, des publications évaluées par des pairs, et un sujet en lien direct avec le métier de la maison, la joaillerie.

Il faut cependant mesurer l'échelle. Huit cents jeunes coraux dans six grottes expérimentales ne restaurent pas à eux seuls des populations fragilisées par les vagues de chaleur marines, qui s'attaquent aux micro-organismes vivant en symbiose avec le corail. Le montant investi par Chanel n'est pas public. Et les chiffres de 2026 ne sont, à ce stade, rapportés que par Monaco Life, sans publication scientifique dédiée.

Reste l'essentiel : comprendre comment se reproduit et se nourrit une espèce aussi lente, c'est la condition pour pouvoir un jour la protéger efficacement.

Infos pratiques

Unité de recherche sur la biologie des coraux précieux CSM–Chanel, Centre Scientifique de Monaco
Partenariat engagé en 2019, prolongé jusqu'en 2031
centrescientifique.mc

Crédits photos © Centre Scientifique de Monaco

Sources
• Monaco Life, 13 octobre 2026
• Centre Scientifique de Monaco
• Monaco Tribune, 17 octobre 2025