JennyBrown passe au tube en papier : l'Essence à la truffe blanche allège son plastique

Rédigé le 06/11/2026
Jérôme B


Dans la cosmétique de luxe, le flacon fait presque autant partie du rituel que la formule. Remplacer le plastique par du papier y relève donc du pari : un emballage mal conçu peut vite paraître bon marché, ou fragiliser des actifs sensibles. C'est pourtant le choix de JennyBrown, marque suisse de soins du visage, pour son produit phare, l'Essence à la truffe blanche.

Les 30 ml de l'essence sont désormais conditionnés dans un tube à base de papier, le premier de la marque. D'après son communiqué, il contient environ 45 % de plastique en moins qu'un emballage traditionnel.


Dix-huit mois de développement

Selon JennyBrown, le tube a été mis au point par son centre de recherche en Suisse et son équipe technique packaging, au terme de plus de 18 mois de travail : tests de stabilité, d'étanchéité et de compatibilité avec la formule avant la production en série.

Le tube repose sur un carton certifié FSC, associé à une doublure intérieure biosourcée qui évite le contact direct entre le soin et le papier. La marque décrit une structure multicouche : un film barrière biosourcé à l'intérieur contre l'oxygène et l'humidité, un squelette en carton au milieu, un revêtement végétal à l'extérieur pour le toucher et la brillance.

« L'Essence à la truffe blanche contient des actifs comme l'extrait de truffe blanche d'Italie et l'extrait d'edelweiss des Alpes, sensibles à l'oxygène et à l'humidité. Nous devions réduire le plastique sans compromettre la stabilité ni la sécurité du produit », explique Nadine Bronx, responsable produit (Product Director). Les tests en laboratoire valideraient une durée de conservation d'au moins 36 mois.



Plus léger, plus simple à trier ?

La marque annonce un emballage environ 30 % plus léger qu'un tube plastique classique, et affirme que carton et doublure se séparent facilement dans les filières de recyclage existantes. Un QR code imprimé sur le tube doit renseigner l'origine des matériaux, les consignes de tri et ses autres actions environnementales.

JennyBrown met en avant ses certifications ECOCERT (cosmétique naturelle) et NATRUE, ainsi que des démarches antérieures sur les procédés, l'économie d'eau et le refus des tests sur les animaux. Les premiers tubes sortiront en Europe, puis sur d'autres grands marchés, dont la Chine, précise Marie Keller, vice-présidente monde. En Chine, l'essence est affichée à 1 520 RMB les 30 ml.



Ce qui reste à prouver

Tous ces chiffres, les 45 % de plastique en moins, les 30 % de poids en moins et les 36 mois de conservation, viennent de la marque. Aucune analyse indépendante ou ACV publique ne les accompagne. Le communiqué ne dit pas non plus de quoi est fait le film barrière « biosourcé » : un bioplastique reste un plastique, et sa présence explique sans doute que la baisse s'arrête à 45 % plutôt qu'à 100 %. La nature du bouchon n'est pas précisée.

La recyclabilité réelle dépendra des centres de tri locaux : en pratique, les emballages papier-plastique multicouches ne sont pas toujours acceptés dans la filière papier. Enfin, les labels ECOCERT et NATRUE portent sur la formule, pas sur l'emballage. Le tube en papier reste un vrai progrès, encore rare dans le soin haut de gamme, mais il ne fait pas de l'emballage un objet sans plastique.


Infos pratiques

Produit : JennyBrown, Essence à la truffe blanche (White Truffle Essence), 30 ml, en tube à base de papier.

Disponibilité : Europe d'abord, puis Chine et autres marchés ; prix européen non communiqué (1 520 RMB en Chine).

Source : communiqué JennyBrown, jennybrown.ch.

Crédits photos : (c) JennyBrown (visuel du communiqué) ; Photo d'illustration : Pexels (emballages en carton, deux visuels).