C’est un retour aux sources profondément ancré dans la matière et le vivant. À Malbuisson, au bord du lac Saint-Point, le chef étoilé Matthias Marc — révélé à Paris avec son restaurant Substance et par sa participation remarquée à Top Chef — signe avec La Maison des Cimes un projet où l'architecture, l'artisanat et la cuisine se fondent dans un respect absolu de l'environnement.
Porté par un engagement écologique fort, cet établissement d'exception s'est vu référencer au sein de la prestigieuse collection Relais & Châteaux avant même son ouverture officielle.
Une architecture pensée comme une symbiose avec la nature
Anciennement connu sous le nom d'Atelier de Donat, le site a fait l’objet d’une métamorphose radicale orchestrée par Hanna Marc, l’architecte local Marc Billamboz et des artisans de la région. Ici, la dimension environnementale dicte chaque choix esthétique et structurel : l'ancien enduit a cédé la place à un bardage en bois — un clin d'œil direct à l'histoire familiale de Matthias Marc, descendant de six générations d'exploitants forestiers.
Ce manteau de bois s'associe au schiste, à la pierre locale, aux fibres naturelles et au métal patiné pour effacer la frontière entre l'intérieur et l'extérieur. Les ouvertures ont été largement agrandies pour inonder les espaces de lumière et offrir des vues imprenables sur les eaux du lac et les prairies préservées de la zone Natura 2000.
Dans une démarche de circuit ultra-court et de valorisation des savoir-faire de proximité, l'établissement fait la part belle à l'artisanat local : les tables sont sculptées sur mesure par l'ébéniste Thomas Peissel (formé à l'École du Bois de Mouchard), les luminaires en aubier évoquant une dentelle de bois sont signés Pascal Oudet, et les couteaux proviennent d'une forge voisine.
Un refuge éco-sensible tourné vers le vivant
Imaginé comme une bulle de sérénité, l’hôtel de neuf clés déploie des chambres et suites aux noms évocateurs de plantes de la flore locale (Reine-des-prés, Achillée, Genièvre…). Pensées dans une démarche de bien-être et de déconnexion, elles intègrent des matériaux bruts, tandis que certaines suites en duplex disposent de bains nordiques individuels suspendus au-dessus du lac, façonnés par le charpentier local Steven Cattet. À l'extérieur, un bassin chaud alimenté et intégré dans ce décor de silence invite à la contemplation de cet écosystème montagnard.
La « cuisine des bois » : entre cueillettes sauvages et respect des saisons
Côté tables, La Maison des Cimes se segmente en deux univers : La Table des Cimes, le restaurant gastronomique, et Le Bistrot des Bûcherons. Dans l'assiette, Matthias Marc célèbre une véritable « cuisine des bois », résolument ancrée dans la biodiversité franc-comtoise.
L'ancrage territorial s'exprime à travers les poissons d'eau douce, les gibiers et surtout les trésors de la cueillette sauvage. Le chef s'associe ainsi au cueilleur Stéphane Meyer — surnommé « le Druide » —, qui arpente les massifs pour fournir des dizaines de kilos de plantes, bourgeons, graines et herbes sauvages. Cette cuisine intuitive et incisive fait également la part belle au feu et à la braise, grâce à un imposant fourneau au bois, prolongeant l'esprit des repas de partage d'autrefois.
Enfin, la cave fait écho à cette philosophie du vivant en réunissant plus de mille références de vins en biodynamie et de vignerons engagés, faisant la part belle aux pépites du terroir jurassien.
Avec La Maison des Cimes, Matthias et Hanna Marc réussissent le pari audacieux d'un luxe durable, intimement relié aux rythmes de la forêt et du Haut-Doubs. Une véritable invitation à ralentir et à habiter le paysage.
Crédits Photos (c) La Maison des cimes



