Dévoilée pour la première fois en 2017, la seconde génération du Tesla Roadster s’est transformée au fil des ans en une arlésienne de l’industrie automobile. Pourtant, dans les coulisses du bureau de style de la marque à Hawthorne, le projet n’a jamais été abandonné. Franz von Holzhausen, directeur du design de Tesla depuis 2008, s’est exprimé à plusieurs reprises sur ce modèle d'exception, défendant un calendrier sans cesse repoussé au nom de l’excellence technique et des priorités industrielles.
La priorité aux volumes avant la supercar
Interrogé sur les raisons de cette gestation inhabituellement longue, Franz von Holzhausen a rappelé à plusieurs reprises la hiérarchie des priorités de l’entreprise. Pour Tesla, la mission de démocratisation et de rentabilité passait d'abord par la montée en cadence des Model 3 et Model Y, ainsi que par l'industrialisation du Cybertruck.
« Aucun produit ne sort assez vite au goût du public, mais nous travaillons dessus avec acharnement », soulignait le designer lors d’un entretien sur le podcast Ride the Lightning.
Le Roadster, destiné à rester une vitrine technologique vendue à des volumes restreints, a donc dû patienter pendant que les lignes de production s'organisaient pour la production de masse.
Une version de série bien supérieure au prototype
L'attente aura toutefois servi le développement de la sportive. Selon le designer en chef, le véhicule de série surpassera la fiche technique déjà spectaculaire présentée en novembre 2017 :
- Un apprentissage tiré des versions Plaid : Le développement des Model S et Model X Plaid a servi de laboratoire pour la chaîne de traction trimoteur.
- Des performances revues à la hausse : Alors que le concept initial promettait déjà le 0 à 100 km/h en moins de deux secondes, le modèle définitif bénéficiera d'une densité énergétique accrue et d'une gestion thermique plus avancée.
- L’aérodynamique et le style : Bien que la ligne générale dessinée par von Holzhausen reste reconnaissable, les détails fonctionnels et les flux d'air ont été affinés pour répondre aux contraintes de vitesse de pointe (annoncée à plus de 400 km/h).
Franz von Holzhausen assure ainsi que le modèle final sera « meilleur sous tous les aspects » que la maquette roulante d'origine.
L'option SpaceX : flirter avec la gravité
L'un des aspects les plus commentés du futur Roadster reste le fameux « pack SpaceX », prévoyant l'intégration de propulseurs à gaz froid pour améliorer le freinage, la maniabilité et l'accélération.
Sur ce point, le designer en chef s'est montré particulièrement enthousiaste, évoquant une machine capable d’explorer une toute autre dimension dynamique : « L’idée de défier la gravité dans le cas du Roadster est fascinante. Ce sera une formidable machine volante avec le pack SpaceX. »
L'heure de vérité
Si Franz von Holzhausen s'efforce de rassurer les réservataires en martelant que le projet arrive à maturité, Tesla doit désormais concrétiser ses annonces. Entre promesses de propulsion aérospatiale et contraintes réglementaires d'homologation routière, la présentation définitive du Roadster devra prouver que les ambitions formulées par le bureau de design peuvent effectivement rouler sur route ouverte.
Rouleur Electrique
