Vacances d’été : Comment voyager sans nuire à la biodiversité ?

Rédigé le 15/07/2026
Jerome Ecolochic


Alors que les départs en vacances d'été battent leur plein , la tentation est grande d'immortaliser son séjour par des expériences insolites avec la faune locale. Pourtant, derrière un selfie avec un bébé tigre, un collier de corail ou une promenade à dos d’éléphant se cache bien souvent une réalité dramatique pour la biodiversité.  

Face à ce constat, le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) tire la sonnette d'alarme et publie huit conseils essentiels pour devenir un voyageur véritablement écoresponsable.  

L'illusion des attractions touristiques « vertes »

De nombreux touristes partent avec l’intention louable d’observer les animaux dans leur milieu naturel sans leur causer de tort. Pourtant, la frontière entre divertissement et maltraitance est parfois mince, et l’offre touristique est loin d’être toujours inoffensive.  

« En prenant simplement quelques décisions réfléchies, les voyageurs peuvent protéger la faune sauvage et ses habitats, et contribuer ainsi à réduire la demande de produits issus d'espèces menacées », explique Mia Crnojevic, chargée de campagnes chez IFAW. « Voyager de manière responsable, c'est apporter une contribution importante à la protection de la nature et des espèces. »   

Pour éviter de participer involontairement à la souffrance animale, plusieurs réflexes simples s'imposent :

  • Dites non aux selfies avec des animaux sauvages : Les séances photo avec des paresseux, des singes ou des bébés tigres cachent généralement des conditions de détention déplorables, un stress intense, voire des captures illégales dans la nature. L'observation respectueuse et à distance reste le plus beau des souvenirs.  
  • Boycottez les spectacles et les manèges animaliers : Les balades à dos d’éléphant ou les shows de dauphins se font systématiquement au détriment du bien-être des animaux. Privilégiez les parcs nationaux, les réserves naturelles ou les prestataires de circuits photo éthiques.  
  • Protégez les fonds marins : Les récifs coralliens sont extrêmement fragiles et une simple bousculade peut détruire des décennies de croissance. Lors de vos baignades, évitez de toucher ou de marcher sur le corail , et utilisez des crèmes solaires certifiées « respectueuses des récifs » pour limiter la pollution chimique.  

Souvenirs et menus : les pièges du commerce illégal

Le trafic d'espèces sauvages est alimenté en grande partie par la demande touristique. Dans de nombreux pays, des objets issus d'espèces protégées sont vendus librement sur les marchés locaux. Pourtant, leur importation est strictement réglementée, voire interdite.  

1. Des valises sous surveillance

Chaque année, les douanes françaises saisissent une multitude de souvenirs illégaux ramenés par des vacanciers peu informés. Les bijoux en ivoire, les objets en écaille de tortue, les articles en cuir de crocodile, ou encore les hippocampes séchés proviennent directement d'espèces menacées d'extinction. En plus d'encourager un commerce dévastateur — où la majorité des animaux capturés meurent avant même d'être vendus —, vous risquez la saisie de vos achats à la frontière.  

2. Prudence dans l'assiette et dans l'armoire à pharmacie

Le voyage responsable passe aussi par ce que nous consommons : Refusez les viandes exotiques : Abstenez-vous de goûter aux plats à base de baleine, de singe, de tortue marine ou de requin , ainsi qu'aux alcools contenant des serpents macérés.  

Méfiez-vous des remèdes miracles : La médecine traditionnelle chinoise utilise parfois des ingrédients issus d'espèces protégées (rhinocéros, tigre, ours, cobra) , des composants difficiles à identifier pour un œil non averti.  

Comment agir concrètement ?

Face au doute, une règle d’or prévaut : s'abstenir. Si la composition ou la provenance d'un objet est floue, passez votre chemin , et n'achetez sous aucun prétexte d'animal vivant.  

Pour soutenir l'économie locale sans nuire à la planète, tournez-vous vers l'artisanat authentique : préférez les objets en céramique, en textile, en métal ou en bois certifié (en évitant le bois tropical). Ces achats valorisent le savoir-faire des artisans locaux tout en laissant la faune sauvage en paix.  

À l'échelle mondiale, l'urgence est réelle. Les scientifiques estiment que près de 20 % des espèces animales et végétales de la planète pourraient s'éteindre d'ici 2030. La Convention de Washington (CITES) interdit déjà le commerce de plus de 900 espèces particulièrement menacées, comme les éléphants, les tigres et les orchidées. En adaptant nos comportements de voyage, nous détenons un véritable pouvoir de préservation pour faire en sorte que chaque séjour devienne une chance pour la nature, et non une menace.