C'est un fait : l'industrie automobile contemporaine tend vers l’aseptisation. Coincés dans des habitacles ultra-insonorisés et assistés par des dizaines d'aides à la conduite, les automobilistes roulent déconnectés de la route. C’est face à ce constat que la manufacture française Arsène a choisi de jeter un pavé dans la mare de la transition énergétique. Son arme ? Une micro-voiture électrique au design radical, qui tient autant de la voiture ancienne que du buggy futuriste.
Le « moins » devenu « mieux »
Le projet Arsène repose sur un crédo clair : « 0 gadget, 0 superflu ». L'habitacle est d'un minimalisme presque monacal. Pas de grand écran central tactile de 15 pouces, pas de climatisation bizone. La planche de bord privilégie le bois et les sensations pures. L’objectif affiché est de redécouvrir le frisson des premiers karts d'enfance, les cheveux au vent grâce à son toit modulable.
Pour autant, cette simplicité cache une véritable rupture technologique dans le choix des matériaux. Moins de 400 kg sur la balance (hors batteries), le véhicule intègre une structure en acier renforcée par du lin et, plus surprenant, du bambou. Réputé pour sa flexibilité et sa résistance supérieure à l'acier à poids égal, le bambou sert ici d'absorbeur d'énergie naturel en cas de choc (crashbox). Une approche biosourcée, pensée pour l'économie circulaire avec des composants et des batteries réparables et recyclables.
Trois versions pour bousculer la ville (et la périphérie)
Conçue et assemblée dans les Hauts-de-France, la gamme Arsène s'articule autour de trois configurations distinctes pour s'adapter à la législation européenne des quadricycles :
- Arsène 45 : Accessible dès 14 ans avec le permis AM (anciennement BSR). Bridée à 45 km/h avec un moteur de 6 kW, elle s'affiche comme une alternative haut de gamme et stylée à la Citroën Ami. (À partir de 12 400 €)
- Arsène 80 : Nécessitant le permis B (ou B1), elle pousse jusqu'à 80 km/h grâce à ses 11 kW de puissance continue. Elle promet de s'extirper des centres-villes pour arpenter les routes secondaires. (À partir de 15 900 €)
- Arsène Sport : Le fleuron de la gamme, capable d'atteindre 90 km/h avec un pic de puissance supérieur à 20 kW et un 0 à 80 km/h abattu en environ 8 secondes. Une vraie promesse de sensations dynamiques grâce à son centre de gravité très bas et ses suspensions à double triangulation. (À partir de 19 400 €)
Côté autonomie, le constructeur garantit un minimum de 80 km avec la batterie de base de 7,5 kWh, une capacité qui peut être doublée via un second pack optionnel pour atteindre les 200 km. Le point fort reste la recharge : moins de deux heures sur une simple prise domestique classique.
Le défi industriel de la micro-mobilité
Alors que le marché de la micro-voiture électrique commence à se saturer (entre la Renault Twizy pionnière, la Ligier Myli ou le trio Stellantis Ami/Topolino/Rocks-e), Arsène tente une approche par le haut. Le constructeur ne vend pas seulement un outil de déplacement urbain, il vend un objet de caractère, un « manifeste sur roues ».
Le positionnement tarifaire (qui débute au-delà des 12 000 €) place toutefois l'Arsène sur un segment de niche, visant une clientèle urbaine et périurbaine sensible au design, à la fabrication 100% française et à l'éco-conception. Les précommandes sont d'ores et déjà ouvertes. Reste à voir si le public est prêt à troquer le confort de nos salons roulants contre le grand frisson du minimalisme.
Arsène : un manifeste sur roues combinant minimalisme et plaisir de conduite.. Source : www.arsene-manufacture.com
Source : www.arsene-manufacture.com


