Ferrari dévoile sa Luce, premier véhicule électrique conçu avec l’ancien designer d’Apple

Rédigé le 26/05/2026
Jerome Ecolochic


« Que la lumière soit, et la lumière fut » peut on lire dans la Genèse. Avec la présentation officielle de la Ferrari Luce (« lumière » en italien) à Rome, la firme de Maranello franchit le Rubicon de l’électrification totale. Loin d'être une simple concession aux réglementations climatiques, cette grande routière à quatre portes et cinq places réinvente les codes du très haut de gamme en plaçant l’éco-responsabilité au cœur de son ingénierie.

Une architecture éco-conçue : le pari du recyclage haute performance

L’examen technique de la Ferrari Luce révèle une transformation radicale dès ses fondations. Pour contrebalancer le poids inhérent aux batteries de grande capacité (122 kWh), les ingénieurs italiens ont inauguré un tout nouveau châssis. La véritable prouesse réside dans sa composition : il s'agit de la première structure de l'histoire de la marque intégrant 75 % d'aluminium recyclé.

Cette approche circulaire, qui réduit considérablement l'empreinte carbone liée à l'extraction et à la production de métaux vierges, n’altère en rien la rigueur structurelle exigée par un blason si prestigieux. Conçu avec une précision technique sans compromis, ce châssis concilie une rigidité optimale et une recherche de légèreté maximale, démontrant que la durabilité peut s'allier à la haute performance automobile.

L’aérodynamique au service de l'efficience énergétique

Pour maximiser l'autonomie annoncée à plus de 530 km (cycle WLTP), Ferrari a entièrement repensé son rapport à l'air. Le design de la Luce, façonné en étroite collaboration avec le prestigieux collectif de designers LoveFrom (mené par Sir Jony Ive et Marc Newson), rompt délibérément avec l’agressivité sculpturale des modèles thermiques pour épouser un minimalisme d'une fluidité extrême.

Le résultat chiffré est sans appel : la Luce affiche un coefficient de traînée (Cx) de 0,254, soit le plus bas jamais enregistré dans l'histoire des routières de la marque. Cette pénétration exceptionnelle dans l'air est amplifiée par un arsenal technologique actif, comprenant des volets d'air mobiles et un système de suspension active de seconde génération capable d'abaisser automatiquement l'assiette du véhicule de 10 mm. Moins de résistance mécanique signifie une consommation électrique optimisée, limitant le gaspillage énergétique à haute vitesse.

Quatre moteurs indépendants pour un rendement optimisé

Sous cette robe épurée se cache une chaîne de traction entièrement développée en interne à Maranello. La Luce fait appel à quatre moteurs électriques indépendants (un par roue), libérant une puissance combinée de 1 050 chevaux en mode boost et un couple instantané géré par une vectorisation de couple ultra-précise.

Au-delà de l'exercice de force qui propulse la GT de 0 à 100 km/h en seulement 2,5 secondes, c'est l'intelligence de la gestion d'énergie qui retient l'attention des observateurs environnementaux. L'essieu avant intègre un système de déconnexion fluide (Disconnect System) qui désactive la traction avant dès que les conditions de conduite le permettent, basculant l'auto en pure propulsion arrière. L'onduleur intégré et les moteurs avant affichent une efficacité énergétique maximale de 93 %. En minimisant les frictions et les pertes en cours de route, Ferrari optimise chaque watt extrait de la batterie.

« Avec la Luce, Ferrari prouve que la transition énergétique n’est pas la mort de l’émotion automobile, mais le début d’une nouvelle ère d’excellence technique où l’efficience devient la mesure ultime de la performance. »

Une traçabilité industrielle totale : l’éthique de Maranello

Consciente des critiques récurrentes adressées à l'industrie des véhicules électriques concernant le sourcing des composants, la direction de Ferrari insiste sur une traçabilité totale. Le pack de batteries haute tension de 800V a été entièrement conçu, validé et assemblé au sein de la nouvelle infrastructure dédiée de Maranello. Les cellules de la batterie ont été co-développées en partenariat étroit avec le spécialiste SK On, garantissant non seulement une densité énergétique et une stabilité thermique de premier ordre, mais aussi le respect de chartes d'approvisionnement strictes pour les métaux précieux.

De plus, l'habitacle de la Luce — véritable vitrine technologique épurée — met en avant des formes simplifiées et rationalisées, réduisant la profusion de plastiques complexes au profit de configurations textiles et de matériaux nobles à faible empreinte.

Un tarif exclusif

Affichée au tarif exclusif de 550 000 € hors taxes en Italie (avoisinant les 660 000 € TTC en France), la Ferrari Luce ne s'adresse certes pas au grand public. Néanmoins, son rôle de laboratoire technologique est crucial. Elle démontre avec brio que le très haut luxe et la conscience environnementale peuvent converger. En imposant des standards inédits d'éco-conception (aluminium recyclé, efficience moteur proche des sommets, aérodynamique record), Maranello prouve que le Cheval Cabré sait galoper vers l'avenir sans polluer son propre sillage.

Source de référence : Écosystème digital officiel Ferrari (ferrari.com/fr-FR/auto/ferrari-luce)



(c) Ferrari



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