Après le retour de la Fiat 500, la résurrection de la Renault 5 E-Tech et l'arrivée imminente de la Renault 4, le géant automobile dirigé par Carlos Tavares ne pouvait pas rester spectateur de la déferlante « néo-rétro » qui s'empare du marché européen.
L’art de la nostalgie au service de la transition écologique
Pour Citroën, la réinvention de la « Deuche » ne relève pas du simple exercice de style. Face à une concurrence asiatique agressive sur le segment des véhicules électriques abordables, le constructeur français a cruellement besoin d’un véhicule émotionnel fort, capable de fédérer les générations.
L’enjeu industriel est de taille : concevoir un véhicule fidèle à l’esprit d’origine — minimaliste, rustique, d'une sobriété énergétique exemplaire et accessible à tous — tout en y injectant les technologies d'électrification contemporaines.
« La 2CV originale était une réponse aux besoins d'une France rurale et populaire en quête de mobilité. La version du XXIe siècle doit répondre au défi de la décarbonation urbaine et périurbaine, avec le même esprit de simplicité et d'économie », confie un designer du groupe sous couvert d'anonymat.
Qu'attendre de cette « 2CV-e » ?
Si le projet conserve sa part de mystère, les choix techniques de Stellantis permettent d’esquisser les contours de ce futur modèle :
- L'architecture : La future 2CV-e reposerait sur la plateforme Smart Car du groupe (déjà éprouvée sur la nouvelle Citroën ë-C3). Une base technique pensée dès le départ pour réduire les coûts de production de près de 25 %.
- Le design : Pas question de faire du copier-coller. Les designers s'orienteraient vers une silhouette reconnaissable au premier coup d'œil : des phares ronds subtilement intégrés, des ailes galbées, et surtout, un grand toit en toile rétractable, clin d'œil indispensable au modèle de 1948 mais également au prtotype Revolt dévoilé il y a quelques années.
- La philosophie écologique : En phase avec l'époque, l'accent serait mis sur l'écoconception. Habitacle lavable à grande eau, matériaux recyclés massifs, et suppression du superflu technologique pour contenir le poids et optimiser l'autonomie.
Un positionnement tarifaire ultra-compétitif
Le véritable défi de cette renaissance réside dans son prix. Pour être une "vraie" 2CV, la voiture doit rester populaire. En capitalisant sur les économies d'échelle de la plateforme Smart Car et l'utilisation de batteries de technologie LFP (Lithium-Fer-Phosphate), moins coûteuses, Stellantis viserait un ticket d'entrée sous la barre des 20 000 €, hors bonus écologique.
Un calendrier à confirmer
Si aucune date officielle de présentation n'a encore été cochée sur le calendrier, les rumeurs tablent sur la révélation d'un concept-car avant-gardiste d'ici la fin de l'année, pour une commercialisation qui pourrait intervenir à l'horizon 2027.
Alors que l'industrie automobile européenne traverse une zone de turbulences liée au ralentissement des ventes de véhicules électriques, le retour de la voiture la plus aimée des Français pourrait bien être l'étincelle populaire dont Citroën a besoin pour électriser son avenir.

