Selar et le Captain Arctic : quand le voilier solaire réinvente l'expédition polaire

Rédigé le 19/05/2026
Joseph Sogault


Et si l'aventure aux confins du monde pouvait se vivre sans laisser de trace ? C'est la promesse audacieuse de Selar, jeune compagnie maritime française co-fondée par Sophie Galvagnon, première femme capitaine de navires d'expédition polaires. Son premier navire, le Captain Arctic, est en cours de construction et sa première expédition est prévue pour novembre 2026.

Un navire manifeste, sobre et sensoriel

Long de 70 mètres, propulsé par le vent et alimenté par l'énergie solaire, le Captain Arctic n'accueillera que 36 voyageurs par expédition. Un choix délibéré, qui traduit une philosophie du voyage rare : privilégier la profondeur à la masse, l'immersion à la consommation. La coque, teintée d'un dégradé de bleus inspiré du ciel et des glaces abyssales, se fond dans le paysage polaire plutôt que de s'y imposer. À bord, intérieurs minimalistes, finitions artisanales et gastronomie mêlant influences françaises et nordiques — déjeuners sur la glace, barbecues sous les aurores boréales — composent un art de vivre polaire à nulle autre pareil.

Des expéditions narratives au cœur de l'Arctique

La saison inaugurale conduira les voyageurs en Norvège puis au Svalbard, avec des programmes conçus autour de thématiques fortes : chasse aux aurores boréales, observation des orques, plongée polaire avec le recordman d'apnée Arthur Guérin-Boëri, ou encore survie arctique guidée par des explorateurs reconnus. Dès 2027, le Groenland et ses icebergs spectaculaires rejoindront les itinéraires proposés.

Un luxe qui s'engage

Partenaire de l'ONG ORCA pour l'observation éthique des cétacés et de Clean Up Svalbard pour la collecte de plastiques, Selar fait du voyage un acte autant qu'une expérience. À partir de 6 780 € par personne pour sept jours tout inclus, le vrai luxe ici n'est pas la démesure — c'est la justesse.

Le pari de Selar s'inscrit dans un mouvement plus large de retour à la propulsion vélique dans le transport maritime, après un siècle de domination du moteur thermique. Plusieurs armateurs européens développent aujourd'hui des cargos et navires hybrides, associant voiles rigides ou automatiques à une propulsion électrique ou solaire d'appoint, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre d'un secteur maritime responsable de près de 3 % des émissions mondiales de CO2. Naviguer dans l'Arctique impose par ailleurs des contraintes environnementales strictes, cette région se réchauffant environ quatre fois plus vite que la moyenne planétaire, ce qui rend d'autant plus symbolique le choix d'une exploration à faible impact.