25 ans de Terre de Femmes : L'Arbre au Cœur du Combat de Cinq Lauréates d’Exception

Rédigé le 23/04/2026
Jerome Ecolochic


Depuis sa création en 2001 par Jacques Rocher, le Prix Terre de Femmes s'est imposé comme un catalyseur d'espoir, ayant déjà soutenu plus de 500 lauréates dans 50 pays. Pour cette 25e édition, le jury a dû trancher parmi 439 dossiers passionnants pour désigner celles qui incarnent le mieux la protection de nos écosystèmes forestiers et nourriciers.

En France : Planter les graines de l'agroécologie et de l'autonomie alimentaire


Parmi les trois lauréates françaises, Marie-France Barrier se distingue par son approche intergénérationnelle. Avec son association Des Enfants et des Arbres, cette ancienne réalisatrice de documentaires invite les écoliers à replanter des haies chez des agriculteurs. Son action est une réponse concrète au déclin des paysages bocagers : en six ans, 28 000 enfants ont déjà mis en terre plus de 200 000 arbres.

Dans les Pyrénées-Orientales, Claire Mauquier transforme l'asphalte en garde-manger urbain. À travers l’École de la Forêt Gourmande, elle crée des jardins-forêts comestibles où se côtoient citrons, figues et châtaignes. Son premier projet emblématique à Elne, né sur un ancien parking, mobilise aujourd’hui plus de 200 habitants autour de la reconnexion au vivant et à une alimentation durable.

Enfin, sous le soleil de la Martinique, Frédérique Fardin se fait la gardienne des mangroves. Via son association Roots of the Sea, elle restaure ces « boucliers climatiques » essentiels en impliquant les communautés locales. Son programme Blue Wanakaera forme chaque année une quinzaine de jeunes, les transformant en véritables éco-volontaires pour protéger leur littoral.

À l'International : Résilience climatique et émancipation


Le palmarès 2026 honore également deux figures majeures du continent africain.

En Ouganda, Clare Nassanga a fait de l'arbre un outil d'émancipation pour les femmes. Face à des sécheresses dévastatrices, sa fondation Kutas Green forme les villageoises à la gestion de pépinières d’espèces indigènes. Ce projet ne restaure pas seulement les terres ; il offre une indépendance économique à plus de 500 femmes qui deviennent des leaders climatiques dans leurs communautés.

Au Cameroun, Prudence Masseng Heda s'attaque au lien critique entre climat et éducation avec le projet Resilient Schools. En végétalisant les cours d'école pour faire chuter des températures dépassant souvent les 40°C, elle permet à plus de 800 élèves de poursuivre leur scolarité dans des conditions dignes. Pour elle, l'arbre est bien plus qu'une plante : c'est un droit à l'apprentissage.

Un soutien en trois dimensions

Ces cinq lauréates se partagent une dotation globale de 50 000 euros en 2026. Mais au-delà du soutien financier, elles rejoignent une communauté d'entraide où la visibilité — citée comme un bénéfice majeur par 91% des anciennes lauréates — devient un levier pour amplifier leur voix et l'impact de leurs projets.

Comme le souligne Jacques Rocher, « planter un arbre est un geste d'avenir ». Ces cinq femmes, par leur courage et leur persévérance, prouvent chaque jour que ce geste est aussi le fondement d'un monde plus habitable et solidaire.

L'aventure Terre de Femmes continue avec l'objectif de voir naître de nouvelles forêts et de nouveaux espoirs d'ici 2030.