Directeur du Domaine FL, Samuel Windak explique pourquoi le domaine FL a fait le choix d’une viticulture biologique et biodynamique, partage ses réflexions pour alléger l’empreinte carbone du stockage et de la distribution et évoque enfin l’importance de la pédagogie auprès des consommateurs.
ecolochic - Le domaine FL a fait le choix d’une viticulture biologique et biodynamique. Concrètement, qu’est-ce que cela implique pour votre production ?
Cela implique des choix très concrets, à la vigne comme au chai, qui structurent toute notre manière de produire. À la vigne, nous cherchons à protéger le vivant en appliquant les règles suivantes :
· Aucun herbicide, pesticide ou engrais de synthèse : uniquement des produits d’origine naturelle (cuivre, soufre, tisanes, extraits de plantes, compost…).
· Travail des sols (labours, enherbement, paillages) pour favoriser la biodiversité et la vie microbienne.
· Recherche d’un vignoble équilibré plutôt que “sous perfusion” : limitation des rendements, observation fine des parcelles, interventions ciblées.
En matière de biodynamie, nous mettons l'accent sur un rythme naturel et des préparations. concrètement cela passe par :
· Utilisation de préparations biodynamiques (bouse de corne, silice, tisanes spécifiques…) pour renforcer les défenses de la vigne et la profondeur d’enracinement.
· Prise en compte des rythmes lunaires et saisonniers pour planifier taille, traitements, vendanges, mises en bouteille.
· Vision globale du domaine comme un organisme vivant : attention portée aux haies, arbres, eau, faune auxiliaire, élevage éventuel, etc.
À la cave, nous cherchons au contraire à réduire à minima nos interventions avec
· Raisins sains et mûrs, vendangés à la main, pour limiter les intrants ensuite.
· Limitation stricte des intrants œnologiques.
· Utilisation modérée du soufre, pas de techniques brutales (concentration, osmose, etc.), pour respecter l’identité du millésime et des terroirs.
Les conséquences sur les vins sont très positives :
· Expression plus nette des terroirs et des millésimes, avec parfois des vins plus “vivants” et singuliers.
· Meilleure digestibilité ressentie par beaucoup de consommateurs (moins de intrants, travail doux).
· Une exigence accrue de précision et d’anticipation : plus de risques assumés à la vigne comme en cave, mais aussi un potentiel qualitatif et identitaire plus fort.
ecolochic - Au-delà de la production, pourriez-vous également alléger l’empreinte carbone du stockage et de la distribution des bouteilles ?
Oui, clairement : le stockage et la distribution sont justement deux gros leviers pour réduire l’empreinte carbone d’un vin, parfois plus importants que la viticulture elle‑même.
Agir sur le conditionnement et le stockage implique :
· Alléger les bouteilles (verre plus fin, verre recyclé) : le packaging représente souvent 40 à 50% de l’empreinte carbone d’une bouteille de vin.
· Optimiser les emballages secondaires (cartons plus légers, mieux remplis, moins de vide, suppression du superflu).
· Réduire l’énergie des zones de stockage : isolation, éclairage LED, température maîtrisée mais pas “sur‑climatisée”, choix d’une électricité bas carbone.
Agir sur la logistique et la distribution
· Rationaliser les transports : groupage des commandes, tournées optimisées, remplir au maximum les camions, limiter les allers‑retours à vide.
· Privilégier des modes de transport moins émetteurs quand c’est possible : rail, maritime plutôt qu’avion, voire biocarburants pour le routier (exemple de
Champagne avec Oleo100).
· Travailler les circuits plus courts pour certains marchés, et envisager pour l’export l’envoi en vrac (BIB 1000 L, grands contenants) puis embouteillage local quand c’est cohérent avec votre positionnement.
Ce sont des choix que nous regardons attentivement et que nous prenons dans le respect de nos process de production et des attentes de nos clients.
ecolochic - Tous ces investissements ont un coût. Les consommateurs répondent-ils présents ?
Oui, les consommateurs suivent, à condition qu’on leur explique clairement ce qu’ils paient. La demande pour des vins issus de l’agriculture biologique et biodynamique progresse, mais il existe encore une vraie confusion entre vins bio et vins “nature”.
Notre rôle est de clarifier ces différences : un vin bio n’est pas forcément un vin nature, et inversement. En expliquant nos pratiques et notre niveau d’exigence, nous constatons que les clients acceptent mieux le surcoût lié à ces investissements.
En savoir plus ? rendez vous sur https://www.domainefl.com/

