Longtemps perçu comme un secteur de niche ou réservé aux collectionneurs avertis, le marché du bijou d'occasion connaît une accélération sans précédent. Selon une étude Interencheres x YouGov publiée en 2026, ce ne sont pas moins de 22 millions de Français qui ont déjà franchi le pas ou envisagent de le faire.
Si le bijou conserve sa charge symbolique, intime et patrimoniale , le regard des consommateurs, lui, a radicalement changé.
Une Révolution Portée par la Jeunesse
Le fossé générationnel est frappant : Les 18-24 ans sont les véritables fers de lance de cette tendance, avec 80 % d'entre eux ayant déjà acheté ou prévoyant d'acquérir un bijou de seconde main.
À l'inverse, 70 % des plus de 55 ans restent réticents, alors qu’ils sont pourtant adeptes de l'occasion pour d'autres catégories d'objets.
Cette dynamique s'explique par un rapport "décomplexé" à la seconde main chez les jeunes, transformant un achat autrefois perçu comme délicat en un usage courant.
Le Luxe à Portée de Main : Le Compromis Idéal
Dans un contexte de tension sur le pouvoir d’achat, l'argument financier reste le moteur principal. 47 % des acheteurs privilégient la seconde main pour réduire les coûts. 20 % y voient l’unique moyen d’accéder à des pièces de luxe ou des marques prestigieuses.
« Prenez l'exemple de la bague Cartier Trinity adjugée 1095 euros l'an dernier, alors qu’elle dépasse les 2000 euros en boutique ! », souligne Diane Zorzi, Responsable éditoriale d'Interencheres.
Au-delà de l'économie, les Français recherchent l'originalité (14 %), l'éco-responsabilité (10 %) ou encore la rareté (10 %). Pour les 35-44 ans, le bijou devient même un véritable placement financier, à l'instar de l'or.
Offrir de l'Occasion : Un Tabou qui S'effrite
Si 65 % des Français acceptent désormais d'offrir un cadeau de seconde main, le bijou reste une catégorie à part. On achète encore majoritairement pour soi (65 %) plutôt que pour son partenaire (39 %).
Néanmoins, les comportements évoluent : un jeune sur deux (18-24 ans) est prêt à offrir un bijou d'occasion à sa moitié. Les femmes, plus pragmatiques, achètent massivement pour elles-mêmes (78 %), tandis que les hommes se projettent davantage dans l'achat-cadeau pour leur partenaire (56 %).
Le Défi de la Confiance et l'Atout des Enchères
Le frein majeur demeure la crainte de la contrefaçon, citée par 31 % des réfractaires. C'est ici que les ventes aux enchères tirent leur épingle du jeu.
En 2025, les adjudications de bijoux en ligne sur Interencheres ont bondi de 20 %, atteignant 41 millions d'euros.
Le canal des enchères séduit par son expertise : chaque pièce est vérifiée par un commissaire-priseur.
Comme le précise Isabelle Goxe, commissaire-priseur, ces ventes offrent un accès à des pièces uniques, chargées d'histoire et de "dimension patrimoniale", loin des collections standardisées de la bijouterie moderne.
