À une heure de Lisbonne, sur une péninsule sauvage coincée entre l'océan Atlantique et une réserve naturelle préservée, un hôtel sort de terre — ou plutôt, sort des dunes. Na Praia est le fruit d'une vision de plus d'une décennie portée par José António Uva, gardien de la 8e génération du domaine São Lourenço do Barrocal en Alentejo. Un projet dont la philosophie tient en une phrase : construire moins pour protéger plus.
80 % de surface construite abandonnée par conviction écologique
Dès le départ, le projet disposait d'un permis de construire bien plus important. Mais après des mois de recherches approfondies sur les trois écosystèmes du site — océan, dunes et estuaire —, Uva a pris la décision radicale de réduire de 80 % les zones constructibles prévues, afin de préserver la flore et la faune natives et d'éliminer les espèces invasives. « Na Praia, c'est une démarche de gardiennage », explique-t-il. « Il ne s'agit pas seulement de construire un hôtel, mais de préserver les dunes pour les générations futures. »
Une architecture qui naît du paysage
Les bâtiments, conçus par le cabinet parisien Studio KO avec le paysagiste Doxiadis+ d'Athènes, émergent des dunes comme si le sable les avait lui-même façonnés : terre brute, argile locale et bois sélectionnés pour vieillir avec grâce sous les vents atlantiques. Les voitures des clients sont garées en périphérie du site, des buggies électriques assurent les déplacements intérieurs, et l'éclairage est réduit au strict minimum pour ne pas perturber les écosystèmes nocturnes. L'hôtel proposera 113 hébergements — chambres, maisons et villas — dispersés parmi les pins et les dunes.
Gastronomie hyperloca le et spa sculpté dans les dunes
La carte des cinq restaurants valorise exclusivement les producteurs locaux : seiche de la jetée traditionnelle sur pilotis de Carrasqueira, légumes d'une ferme entièrement gérée par des femmes, riz des champs de Comporta. Le spa, taillé dans la dune elle-même, s'articule autour des bienfaits de l'eau et du mouvement. Une adresse d'exception où le luxe se mesure désormais à ce que l'on a choisi de ne pas construire.