C’est un séisme feutré, mais d’une violence inouïe, qui secoue la planète automobile. Après huit ans de bons et loyaux services en thermique puis en hybride rechargeable, la mythique Mercedes-AMG GT Coupé 4 Portes opère sa mue la plus radicale. Exit le grondement rauque du V8 biturbo, place à l’ère du sifflement haute tension. Mais qu’on ne s’y trompe pas : Affalterbach n'a pas sacrifié son âme sur l’autel de la conscience écologique. Au contraire, le constructeur allemand livre une machine de guerre d'une sauvagerie technique impressionnante.
Une fiche technique au-delà du réel
Pour cette nouvelle mouture, les ingénieurs maison ont développé une toute nouvelle architecture à 800 volts baptisée AMG.EA. Une plateforme exclusive sur laquelle repose une configuration mécanique inédite en série : trois moteurs électriques à flux axial (un monté sur l'essieu avant, deux à l'arrière). Plus compacts et plus légers que les moteurs électriques conventionnels, ils permettent d'optimiser la répartition des masses tout en délivrant des chiffres vertigineux.
Dans sa déclinaison de pointe, baptisée « 63 », le coupé quatre places développe la puissance herculéenne de 860 kW, soit 1 169 chevaux, pour un couple instantané camionesque de 2 000 Nm.
Sur l’asphalte, la physique semble plier sous le poids des électrons. Malgré une masse affichée de 2 460 kg sur la balance – le point faible inhérent aux batteries actuelles –, la transmission intégrale AMG Performance 4MATIC+ propulse le mastodonte de 0 à 100 km/h en seulement 2,1 secondes.
Plus impressionnant encore pour une berline de ce gabarit, le 0 à 200 km/h est balayé en 6,4 secondes, tandis que la vitesse maximale est bridée électroniquement à 300 km/h. La réplique à la concurrence, notamment face aux Porsche Taycan Turbo GT et autres Xiaomi SU7 Ultra, s'annonce d'ores et déjà dantesque.
Aérodynamique active et refroidissement « circuit »
Pour maintenir une telle cavalerie au sol sans dégrader l'autonomie, Mercedes-AMG a mis le paquet sur l'aérodynamique intelligente, regroupée sous le label AEROKINETIC. La voiture dispose de volets de refroidissement à neuf positions à l'avant, de plaques à effet Venturi déployables sous le châssis à haute vitesse, ainsi que d'un aileron et d'un diffuseur arrière actifs.
Le plus grand défi d'une sportive électrique résidant dans l'endurance de sa batterie face à la surchauffe, AMG a développé un pack de 2 660 cellules cylindriques refroidies individuellement par une huile non conductrice. Ce traitement de faveur thermique garantit la constance des performances, même lors d’enchaînements de tours chronométrés sur circuit.
Côté autonomie, le constructeur annonce un rayon d'action maximal oscillant autour de 700 km en cycle mixte (et jusqu'à 770 km en usage purement urbain). Mais c'est au rayon recharge que l'AMG frappe un grand coup : grâce à une architecture capable d'encaisser une puissance de charge phénoménale de 600 kW (plus de 800 ampères), il ne lui faut que 10 à 11 minutes pour récupérer 460 km d'autonomie (ou passer de 10 à 80 % de batterie). Une prouesse qui balaie d'un revers de main l'anxiété du long trajet.
L'illusion du V8 et l'expérience à bord
Consciente que l'émotion passe aussi par l'ouïe, la marque propose un système sonore inédit nommé AMGFORCE S+. Ce dispositif multisensoriel recrée artificiellement un environnement acoustique calqué sur les envolées lyriques des anciens V8 de la marque. Une audace assumée pour flatter l'ego des puristes nostalgiques.
À bord, l'ambiance bascule dans le cockpit du futur. Le conducteur et son passager font face à un immense Hyperscreen sous verre intégral, propulsé par une intelligence artificielle de dernière génération capable d’interagir de manière intuitive. L'ergonomie reste toutefois typée sport automobile à l'avant, tandis que les passagers arrière profitent de deux sièges individuels profilés enveloppants. En bonus, le volume de coffre de 507 litres préserve la polyvalence de ce grand coupé.
Notre premier avis
Avec cette AMG GT 4 Portes électrique, Mercedes prouve de façon magistrale que la transition énergétique n'est pas synonyme d'ennui automobile. En poussant les curseurs technologiques à leur paroxysme (moteurs à flux axial, charge 600 kW), la firme étoilée s'offre une vitrine technologique d'exception. Reste à connaître le verdict du prix – attendu au-delà des 200 000 euros pour s'aligner sur les versions de pointe de la concurrence – et à vérifier si l'agilité routière parvient à faire oublier le poids conséquent de l'équipage. Une chose est sûre : le combat des super-berlines électriques vient de monter d'un cran.
(c) Mercedes-AMG
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