« Luce ». La Lumière. Un nom qui rompt avec les nomenclatures alphanumériques habituelles pour embrasser une symbolique presque mystique. Si le design extérieur reste encore partiellement dissimulé sous des lignes de fuite savamment orchestrées avant la présentation mondiale de mai prochain, les détails techniques et l’habitacle révélés marquent une rupture civilisationnelle pour le constructeur italien.
L’effet Jony Ive : Le luxe contre l'hégémonie de l'écran
La grande surprise de cette annonce réside dans la collaboration avec LoveFrom, le collectif créatif fondé par Sir Jony Ive et Marc Newson. On craignait une « iPhone-isation » de Ferrari ; c’est tout l’inverse qui s’est produit.
- L'intérieur de la Luce est un manifeste contre le tout-tactile. Ive a imposé une interface où la tacticité redevient reine.
- Commandes physiques : Des sélecteurs en aluminium massif et des molettes aux cliquetis horlogers remplacent les sous-menus complexes.
- L'instrumentation : Un mélange fascinant de dalles OLED ultra-fines (développées avec Samsung) et d'aiguilles mécaniques.
- Le bouton de lancement : Situé au plafonnier, tel un cockpit d’avion de chasse, il initie le protocole de départ.
Une fiche technique qui donne le vertige
Sous cette robe de GT à quatre places (une configuration qui rappelle la polyvalence de la Purosangue, mais dans une silhouette plus basse et profilée), Ferrari a implanté une débauche de technologie électrique.
Caractéristique Spécification
- Architecture 800 Volts (plateforme dédiée)
- Motorisation 4 moteurs électriques (un par roue)
- Puissance cumulée 1 113 ch (en mode Boost)
- Couple Vectorisation totale sur les deux essieux
- 0 à 100 km/h 2,5 secondes
- Vitesse de pointe 310 km/h
- Batterie 122 kWh (cellules NMC)
Les ingénieurs de Maranello ont particulièrement travaillé sur le régime de rotation des moteurs, capables d'atteindre 30 000 tr/min, une prouesse permettant de conserver une allonge digne des meilleurs blocs thermiques. Pour compenser l'absence de vibration naturelle, Ferrari a breveté une « signature acoustique » qui n’imite pas un moteur essence, mais amplifie les fréquences électriques pour offrir un retour sensoriel au pilote.
Le défi du poids et de l'autonomie
Malgré l’usage massif d’aluminium recyclé et de carbone, la Luce accuse environ 2 300 kg sur la balance. C’est le défi majeur : faire oublier cette masse grâce à une suspension active 48V ultra-rapide et quatre roues directrices.
Côté autonomie, Ferrari annonce 530 km (WLTP). Un chiffre honorable, bien que les puristes noteront que l’usage intensif sur circuit ou sur les routes de l’Apennin fera fondre cette réserve bien plus rapidement. La recharge à 350 kW promet toutefois de repasser de 10 % à 80 % en moins de 15 minutes.
Un positionnement stratosphérique
Avec un ticket d’entrée estimé à plus de 500 000 euros, la Luce ne cherche pas à démocratiser l’électrique, mais à prouver que l’émotion peut survivre à la fin de la combustion.
« L’électrification n'est pas une contrainte, c'est un nouveau pinceau pour peindre l'expérience Ferrari », a déclaré Benedetto Vigna, PDG de la marque, lors de la conférence de presse.
Le monde de l'automobile attend désormais le mois de mai pour découvrir la silhouette définitive de cette "Lumière". Une chose est sûre : le silence n'a jamais été aussi attendu à Maranello.
À retenir :
- Nom officiel : Ferrari Luce.
- Révélation complète (extérieur) : Mai 2026 en Italie.
- Premières livraisons : Octobre 2026.
- Signe particulier : Intérieur sans écrans envahissants conçu par Jony Ive.