Souvent accusée par les moins romantiques de n’être qu’une fête commerciale, la Saint-Valentin fait l’objet de critiques récurrentes. Pourtant, à y regarder de plus près, cet argument prend aujourd’hui une résonance bien différente lorsqu’il est abordé sous l’angle de son impact environnemental réel. Derrière les cadeaux traditionnels de la fête des amoureux comme les bouquets de roses, les bijoux et les voyages romantiques se cache un coût carbone loin d’être anodin.
C’est dans ce contexte que Greenly, spécialiste du bilan carbone, s’est penché sur l’empreinte environnementale de ses symboles que l’on s’échange à l'occasion de la Saint-Valentin, et invite à repenser les manières de célébrer ce moment symbolique, hérité du XIVᵉ siècle, sans en trahir l’esprit.
Un bouquet empoisonné
Symbole incontournable de l’amour, le bouquet de roses souvent rouge est un incontournable de la fête des amoureux. Il affiche pourtant une empreinte environnementale particulièrement élevée. Aujourd’hui, 90 % des fleurs commercialisées en France sont importées, principalement des Pays-Bas ou de pays d’Afrique comme l’Éthiopie et le Kenya. Selon les estimations de Greenly, l’impact carbone d’un bouquet de fleurs importées atteint 1,27 kg de CO₂e par euro dépensé. Concrètement, l’achat d’un bouquet importé à 30 € génère près de 38,1 kg de CO₂e.
Au-delà de la question climatique, ces fleurs importées soulèvent également des enjeux sanitaires. Une étude publiée en février 2025 par le magazine Que Choisir révèle une présence généralisée de résidus de pesticides dans les bouquets analysés. Près de 600 substances ont été recherchées en laboratoire, mettant en lumière une exposition chimique largement sous-estimée.
Face à ce double constat, Greenly recommande de privilégier les fleurs locales, de saison et issues de filières biologiques, comme les anémones, tulipes, amaryllis ou hellébores. Leur impact carbone est estimé à seulement 0,13 kg de CO₂e par euro dépensé, soit près de dix fois inférieur à celui des fleurs importées, tout en limitant l’exposition aux pesticides. Un choix plus responsable, à la fois pour l’environnement et pour la santé, sans renoncer au geste symbolique.
Des gestes plus onéreux pour le portefeuille et l’environnement
Au-delà des fleurs, d’autres gestes très prisés à l’occasion de la Saint-Valentin pèsent lourd sur l’environnement. Les bijoux, par exemple, comptent parmi les cadeaux les plus gourmands en carbone. Cependant, l’impact précis des bijoux varie en fonction de la quantité de métaux précieux utilisés. En comparant l'impact par euro dépensé, le platine s'avère être le métal le plus polluant avec 1,48 kg de CO2e. L'argent et l'or sont relativement proches avec respectivement 0,62 et 0,52 kg de CO2.
Cette logique de consommation à fort impact se retrouve également dans les voyages romantiques. Venise, Rome ou Marrakech, destinations plébiscitées par les couples, impliquent souvent des trajets en avion, très émetteurs de CO₂. Un aller-retour Paris–Venise génère en moyenne 430 kg de CO₂e, et un Paris–Marrakech jusqu’à 702 kg. Pourtant, de nombreuses escapades sont accessibles en train, en France comme dans les pays limitrophes, permettant de profiter d’un séjour court et romantique tout en limitant significativement son empreinte carbone.
Pour Alexis Normand, CEO et cofondateur de Greenly, “La Saint-Valentin est certes une occasion de montrer notre attachement à ceux qui partagent nos vies. Cependant, resserrer les liens qui nous unissent ne doit pas porter préjudice à notre planète. Être romantique c’est aussi préserver notre maison. ”
Au final, il suffit parfois de petits choix pour réduire l’empreinte carbone de la fête des amoureux : un bouquet de fleur local, un bijou plus respectueux de l’environnement, un week-end à deux pas de chez soi… Autant de gestes qui prouvent que célébrer l’amour ne doit pas forcément coûter au portefeuille ni à la planète.